Comment m’était venue l’idée d’écrire la
petite histoire de ce village heureux qui s’était
formé été favorable et l’avait comblé de ses dons ?
Le
joli golfe, sur le bord duquel il était nonchalant,
assis là, depuis des millénaires dans sa même
splendeur, s’ouvrant largement vers l’Est, comme
pour mieux capter, sans risque d’en prendre un seul,
les premiers rayons du soleil qu’on glorifiait
encore en appelant le coin charment sur lequel il
épand l’or de ses rayons en sortant de la nuit.
Le village est beau, sans le moindre
artifice ; le ciel, les montagnes, les arbres et la
mer s’étaient accordés pour lui faire une séduisante
parure qui faisait aimer. Ses lieux pleins de
poésie, calmes et tranquilles, toujours pareils
dans une beauté immuable et éternelle. Sans la
moindre atteinte fut portée à leur intégrité et
leur harmonie naturelle, jamais ou l’agréable
triomphait toujours de l’utile en envahissant les
cœurs et les esprits ; et la vie devient plus
brillante.
Cependant ; il faut se pencher sur les
possibilités de l’avenir de ce village d’un passé
délicieux, qui comme « la belle au bais dorment »,
va se réveiller entre ses deux enfants aux noms
symboliques : Sidi B’noud et Sidi Akkacha. Toutes
les prémices font croire à un avenir superbe et plus
prometteur encore.
Pays de pèche, Chétaibi est également un pays
de chasse très giboyeux. Les plages et les bains de
mer ont certainement plus d’attrait à Chétaibi que
nulle part ailleurs. Même au point de vue
touristique, il pourrait être un village d’avenir
certain et peut être, plus proche qu’on ne le croit.
Au pied de la montagne, il y a des plages superbes
qui bordent le rivage et des coins ravissants : la
fontaine romaine, Oued Ghnem, la baie Ouest, les
sables d’or, Kef Omar (ile sainte piastre) ; . . . ;
qui sont des lieux très poissonneux.
Il y a aussi le port de chétaibi (ex.
herbillion) qui semble sommeiller au fond d’une
petite baie entrée de hautes montagnes de granit
merveilleux, le plus beau et le plus dur que l’on
puisse voir. L’exploitation des carrières de
chétaibi firent pendant longtemps la fortune de ce
centre qui semblait ne pouvoir avoir d’autre
activité que celle de la pêche. Maintes grandes
villes de France (Paris, Marseille,…) et même
d’ailleurs (Rome, les pavés dont elles ont garni les
chaussées de leurs rues.
Chétaibi s’appelait autrefois, au temps de l’Africa
ca romana : TACUATA et il semble bien, en présence
des vestiges que l’on a pu en retrouver, que ce fut
une ville relativement importante. C’était, à
l’époque romaine, le point de départ d’une route
verts l’Ouest, jalonnée par Muharur (Sidi akkacha),
zacca (Cape de fer) ou on extrait du porphyre rouge
et exporté vers Rome par le port de la Seybouse ;
culucitanis (la Marsa) et paratienis (Guerbès).
Les arabes avaient fait de Tacuata ;
Takkouche dérivant du berbère Teccuche et qui en fut
le nom arabe. Il subsiste aussi, le long du rivage,
des lieux ou les gens du voisinage ont crée des
légendes aux fins culturelles et effectuer des
stages mystiques. La forés est l’objet d’une vive
admiration avec un ascétisme très rigoureux dans
lequel c’est encore la floraison d’un nombre plus
important de mausolées qui sont des lieux de toutes
sortes de réjouissances avec la participation de
brillante fantasia comme à Sidi Boufernana chaque
année ; pour illustres ses mérites et laisser place
à une détente familiale.
Il en demeure que les Grand-mères persistent
à continuer leur attachement à ces lieux de culte,
leur vénération, leurs bonnes œuvres et leur vie
ascétique et contemplative. Jouissant ainsi d’une
réputation qui consiste à répondre aux appels de
leurs vœux exaucés. Ces mausolées et cénotaphes, par
leur fort nombreuse
multitude, subsistent toujours. Chacune d’entre
elles a ses légendes et ses propres miracles. Leur
sépulture placée en peine forêt, tout près des
magnifiques sources abondamment arborisées, dans un
décor de couleur et de lumière, et les arbres qui
les entourent sont géants.
En 1830, lors du siège autour de Bouna
(Annaba) ; durant les deux années d’incertitude des
premières batailles, un mouvement clandestin d’une
flottille venait chaque nuit de Tekkouche
ravitailler, en toutes sortes de provisions, les
habitants de la ville. A cette époque, un événement
historique de taille, ne manqua pas lui aussi
d’intérêt certain et mérite une précision : puisque
c’est là, à même l’Edough, ou son maquis a conservé
dans les montagnes le souvenir de la révolte de si
Zeghdoud. Issu d’une famille de lettrés portant le
nom de Oued Jemaoune, il était né à Souk el had (ou
Ain oum el ra kha actuellement contre l’occupant
bien que datant du premier jour pris de l’ampleur au
mois de Juin 1841 réfugié à Sidi Akkacha.
A la fin du 19e siècle, Takouch prit le
nom du général français Herbillon et à l’époque ou
le bateau le Caramy faisait le transport des
voyageurs entrent Bône et Herbillon, les premiers
médecins à y avoir exercé était les Drs Bendjelloul
et Monpére.
Après l’indépendance nationale, Chétaibi,
ce nom évocateur auquel s’ajoute une couleur berbère
du sol et la fraicheur des embruns méditerranéens,
fut donné à ce splendide village en le baptisant de
ce nom glorieux de note fervent et respectueux
martyr.
Alors nous comprenons très vite que ces
lieux ont été bénis pour l’éternité par le combat
des « Hommes libres » du camp d’honneur.
Nous entrevoyons le secret de la majesté de
ces lieux et notre joie d’appartenir à cette terre
et ses hommes. Ainsi le village s’ouvre telle une
fleur et continue, sous la protection de son
honorable héros, dont le corps est tombé au champ
d’honneur en gloire et en triomphe sur les sommets
de l’Edough.
Chétaibi Amar, un nom, un symbole qui a vaincu le
général Herbillon !
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